L’opérette, reine des théâtres lyriques de province, est tombée totalement en désuétude à l’aube des années 1990. Seul Jacques Offenbach a résisté à cette hécatombe ! La raison en est simple : à l’opposé de la guimauve de l’opérette viennoise, de la mièvrerie de l’opérette sentimentale française et de la ringardise de l’opérette patriotique, son œuvre brille par sa drôlerie, son piquant, son rythme entraînant, son irrévérence, la finesse de ses satires de la société et son art consommé de la parodie des grands opéras de l’époque.
Les facteurs du comique d’Offenbach sont multiples : une manière irrésistible de triturer la langue française (l’époux de la reine, poux de la reine… Le roi barbu qui s’avance, bu qui s’avance…) ; la façon de faire faire des vocalises sur des voyelles telles que le « i » ou le « u » ; la satire de la bourgeoisie du second empire et de l’Armée – ce qui lui causera bien des problèmes à la défaite de 1870 – et enfin un don exceptionnel de la parodie des grands opéras français de Meyerbeer et Halévy ainsi que du bel canto italien. C’est malheureusement ce dernier aspect qui passe souvent le plus inaperçu de nos jours, le public contemporain ne connaissant pas suffisamment bien le répertoire parodié…

Durant cette saison, nous aurons l’occasion de mettre en évidence tous ces aspects comiques de l’auteur au travers d’œuvres très connues comme La Belle Hélène, La Périchole , Orphée aux enfers mais aussi des ouvrages rares comme Geneviève de Brabant , Tromb-Al-Ca-Zar , La Nuit Blanche , Monsieur Choufleuri , Le Violoneux etc… sans oublier ses deux opéras : Die Rheinnixen et les célèbres Contes d’Hoffmann.
En résumé, des moments de détente et de rire, dont nous avons tant besoin après une année bien difficile !