« La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre » écrivait le géographe Yves Lacoste en 1976. On a pourtant plutôt coutume de croire que l’étude de l’histoire est la principale clé permettant de comprendre les relations souvent conflictuelles entre les États. C’est négliger un peu vite ce que nous apprennent les cartes et plus généralement l’analyse géographique. Les États n’ont-ils pas « la politique de leur géographie » ?
La géographie n’est-elle pas un facteur explicatif majeur du destin des nations, de l’Egypte antique à la Russie d’aujourd’hui qui, en Ukraine, affirme ses ambitions territoriales par la guerre ?
S’appuyant sur l’étude des grands (et moins grands) conflits des XXème et XXIème siècles, cet angle de vue nous permettra de mesurer le poids et la place des caractères géographiques dans les relations internationales, dans la façon dont un État conçoit sa sécurité, ses objectifs et ses rapports à ses voisins, bref dans les rivalités de pouvoirs sur ou pour des territoires. La façon dont les géographes les mettent en lumière constitue une approche particulièrement pertinente pour rendre compte des rapports de forces contemporains dans le monde.
L’Europe et ses divisions sont souvent, à cet égard, à la base de beaucoup d’explications géopolitiques du monde. Et bien des spécialistes les abordent selon une perspective européenne. Mais les autres approches culturelles ont elles aussi toute leur importance.
La géographie est et demeure l’un des plus puissants moyens de compréhension des évènements du monde. D’ailleurs, le mot même de géopolitique n’établit-il pas à priori un lien entre politique et géographie ?
