Dès les années 160 de notre ère, les nuages s’amoncellent au-dessus de l’Empire de mille ans. Le IIIe siècle paraît alors s’ouvrir sous de mauvais auspices. Incursions de populations dites « barbares », instabilité politique, crise économique et monétaire jalonnent ce demi-siècle objectivement difficile (235 – 284 ap. J.-C.), souvent méconnu du grand public et longtemps boudé par l’enseignement universitaire.
Toutefois, le paradigme de « l’anarchie militaire du IIIe siècle » est désormais efficacement réinvesti par la recherche à la faveur de l’intensification des réflexions communes des Modernes sur la notion de « crise », notamment dans le monde occidental : crise climatique, sanitaire, migratoire, identitaire ou religieuse notamment. Peut-on alors réellement parler de « crise » partout dans l’Empire romain au cours du IIIe siècle ? Qu’en perçoivent les contemporains ? Que peut en dire l’archéologie ?
Les interprétations les plus déclinistes voient dans cette période une fragilisation sans retour d’un Empire romain qui ne concevait pourtant pas sa propre fin. D’aucuns diront que l’Empire romain tardif n’en finit pas de mourir, d’autres qu’il ne meurt jamais…
Dans tous les cas, le redressement induit par Dioclétien et Constantin à la fin du IIIe et au début du IVe siècles donne à voir une reconfiguration du pouvoir impérial et une nouvelle interprétation de la romanité. Toujours romains, mais autrement romains. « Le changement dans la continuité ». C’est ce que dit, finalement, l’expression « Antiquité tardive », défiant la périodisation traditionnelle, entre héritage et innovation ; une période dont nous nous proposons d’amorcer l’étude au sein de ce programme de transition couvrant un siècle et demi, clôturée par la mort de Julien dit l’Apostat, dernier empereur polythéiste d’un Empire désormais confié à la protection d’un Dieu unique.
Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi le cours de l’année dernière pour intégrer le cycle et aucun prérequis n’est attendu, notamment en latin.
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ATTENTION : Deux cours sur la même journée : de 10h30 à 12h00 et de 15h45 à 17h15
