En 323 av. J.-C., à la mort d’Alexandre le Grand, son général Ptolémée s’empare de l’Égypte et fonde une dynastie appelée à y durer près de trois siècles. Héritiers des rois macédoniens, des pharaons millénaires et de la conquête folle d’Alexandre le Grand en Perse, les souverains lagides, installés dans une capitale fondée ex nihilo – Alexandrie – construisent une identité politique à la croisée des mondes.
L’histoire de l’Égypte ptolémaïque est ainsi celle d’un royaume multiculturel, polyglotte, au carrefour de l’Orient et de l’Occident, où l’exercice du pouvoir repose autant sur la guerre, l’administration et l’économie que sur une idéologie royale complexe, le mécénat, la promotion des sciences et savoirs ou la divinisation des souverains lagides.
Loin d’être une simple hellénisation de l’Égypte, la période ptolémaïque donne à voir une société de contacts, de tensions, mais aussi de fertilisations réciproques entre traditions égyptiennes millénaires et pratiques grecques réinventées. Les souverains lagides s’affichent comme pharaons en Égypte, bâtissent des temples pour les dieux locaux, tout en entretenant à Alexandrie une brillante vie intellectuelle hellénophone autour de la fameuse bibliothèque, du musée et de la cour royale.
Ce cycle de cours propose une introduction à cette période souvent méconnue, d’un bout à l’autre de la dynastie, de Ptolémée Ier Sôter à l’incontournable Cléopâtre VII ; il entend explorer les formes du pouvoir, les dynamiques sociales et économiques, la production artistique et scientifique ainsi que la vie religieuse du temps.
En lien avec l’exposition Le mystère Cléopâtre proposé à l’Institut du Monde arabe à Paris du 11 juin 2025 au 11 janvier 2026, notre programme s’achève en 30 av. J.-C., lorsque la défaite d’Actium puis la mort de Cléopâtre et de Marc Antoine livrent l’Égypte à l’Empire romain, mettant un terme à l’histoire du dernier grand royaume hellénistique.

Aucune connaissance préalable n’est requise pour suivre ce cycle, qui s’adresse à toutes celles et ceux qui demeurent curieux de comprendre comment l’Égypte a pu redevenir, durant trois siècles, l’un des cœurs battants du monde méditerranéen.