Le documentaire est aussi vieux que le cinéma. On peut affirmer que les Frères Lumière faisaient du documentaire sans le savoir. Ce genre cinématographique recouvre des pratiques très différentes, et le définir est souvent réducteur par rapport à la diversité des points de vue et la richesse de ce regard particulier sur le monde.
Questionner le cinéma à partir de sa forme documentaire, c’est d’abord s’interroger sur le statut et les contours du réel face à la caméra, et donc, du rapport du cinéma à la réalité. Fiction et documentaire sont deux axes d’un même art qui ressaisit la réalité.
Le cinéma documentaire s’illustre par une écriture résolument différente du reportage ou du magazine, des formes télévisuelles bien incapables de restituer la richesse et la complexité du réel.
Ce cours développe une analyse sur des films et des cinéastes, depuis les pionniers, les Frères Lumière, mais aussi Robert Flaherty, Dziga Vertov ou Jean Vigo, l’inventeur du « point de vue documenté ». Nous poursuivrons par les grandes figures de l’écriture documentaire, Jean Rouch, Joris Ivens, Alain Cavalier ou Chantal Akerman. Les questions de la mémoire et de l’histoire sont intimement liées au genre, de Nuit et Brouillard d’Alain Resnais à Shoah de Claude Lanzmann, ou Terre sans pain de Luis Bunuel, en passant par l’œuvre absolument essentielle de Chris Marker. Les cinéastes contemporains tels Johan Van Der Keuken, Raymond Depardon, Frederick Wiseman ou encore Jean-Louis Comolli complèteront cette exploration de l’imagerie documentaire au cinéma.