En 410 apr. J.-C., le sac de Rome par les Goths d’Alaric bouleverse les contemporains. Pour certains, l’événement marque l’ébranlement d’un monde perçu comme immuable. Pourtant, Rome a toujours fait montre d’une extraordinaire résilience et cet épisode n’échappe pas à la règle. L’Empire tient bon. Pendant plus de soixante années encore, empereurs, généraux, diplomates et évêques tentent d’en préserver les institutions malgré les soubresauts, tandis que de nouveaux royaumes dits « barbares » s’installent progressivement au cœur de ses provinces.
Ce cycle de cours propose d’explorer ces décennies décisives où se dessinent les nouveaux équilibres du monde méditerranéen. Comment gouverner un Empire dont les ressources s’amenuisent ? Comment négocier avec les Goths, les Huns, les Vandales ou les Francs ? Comment les élites romaines, les populations provinciales et les communautés chrétiennes s’adaptent-elles à ces profondes mutations ? Ces interrogations sont au cœur de la période, qualifiée d’« Antiquité tardive » par une partie de l’historiographie actuelle. L’Antiquité tardive s’affirme encore à travers certains repères culturels communs, grecs ou romains, par exemple, tout en ne se reconnaissant plus dans certains marqueurs de son identité classique : les dieux de jadis, par exemple. Ainsi, certains auteurs chrétiens du IVe siècle de notre ère, formés à Homère ou Virgile, vivent intensément une foi chrétienne qui ne les conduit pas à penser qu’elle est la fin de l’Empire romain, mais qu’elle en est la rénovation, une nouvelle étape de son histoire. Toujours Romains, mais autrement Romains. C’est ce que dit, finalement, l’expression « Antiquité tardive ».
Les sources textuelles, épigraphiques, numismatiques et archéologiques permettront d’appréhender l’histoire politique, militaire, sociale, religieuse et culturelle d’une époque bien plus complexe que ne veut le faire croire le paradigme sans nuance de la « chute de Rome ». Les recherches les plus récentes invitent aujourd’hui à dépasser le récit classique de l’effondrement pour comprendre la lente transformation du monde romain et les héritages qu’il lègue à l’Europe médiévale. Ainsi, la déposition du jeune Romulus Augustule par Odoacre en 476 apr. J.-C., est traditionnellement présentée comme le point final de l’histoire politique de l’Empire romain en Occident. Mais cette date, si célèbre soit-elle, constitue-t-elle réellement une rupture dans l’histoire du monde romain ?
Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi le cours de l’année dernière pour intégrer le cycle et aucun prérequis n’est attendu, notamment en latin. L’enseignement est ouvert à toutes et tous, curieux d’un monde romain en pleine mutation !
