Dernière reine de l’Égypte ptolémaïque, immortalisée par un suicide spectaculaire, amante de Jules César, épouse de Marc Antoine, ennemie déclarée du futur Auguste, Cléopâtre VII est devenue l’une des figures les plus célèbres de l’Antiquité. Pourtant, derrière cette célébrité se cache un paradoxe : la personnalité de la dernière des Ptolémées et son œuvre de souveraine demeurent largement méconnues, tandis que le personnage de légende n’a cessé d’être réinventé depuis plus de deux mille ans. Tantôt séductrice fatale, reine savante, courtisane orientalisée, souveraine retorse, héroïne tragique, incarnation du luxe ou symbole de l’émancipation féminine : chaque époque a façonné sa propre Cléopâtre.
Dans le sillage de l’exposition Le mystère Cléopâtre qui s’est tenue à l’Institut du monde arabe (Paris) jusqu’au mois de janvier 2026, ce cycle de cours propose de partir à la rencontre d’un personnage historique exceptionnel tout en suivant les multiples métamorphoses de son image. Que nous apprennent réellement les sources antiques sur son règne ? Comment les traditions médiévales arabes ont-elles conservé une mémoire parfois très différente de celle transmise par les auteurs gréco-romains ? Pourquoi la peinture occidentale, de la Renaissance au XIXᵉ siècle, a-t-elle privilégié certaines scènes de sa vie ? Comment Shakespeare, le cinéma hollywoodien, la publicité, Netflix ou encore les artistes contemporain(e)s se sont-ils emparés de cette figure devenue universelle ?
À travers l’archéologie, les textes, l’art et la pop culture qui ont façonné notre imaginaire collectif, ce cycle de cours propose une traversée de plus de vingt siècles d’histoire culturelle. Il invite à distinguer la reine de son mythe, la souveraine de sa légende, la figure historique de l’icône, tout en montrant que chaque représentation de Cléopâtre raconte souvent bien plus l’époque qui l’a produite que la souveraine elle-même.
