« Vous parlez des chutes des empires. Qu’est-ce que cela veut dire ? Les empires ne sont ni en haut ni en bas et ne tombent pas. Ils changent de physionomie » L’abbé Galiani à Madame d’Épinay en 1774.
En 324 apr. J.-C., Constantin devient le maître unique de l’Empire romain et amorce, dans un monde encore largement polythéiste, une ère nouvelle où le pouvoir impérial se pense en alliance avec le dieu chrétien : une manifestation de temps nouveaux. Mais cette victoire marque aussi l’ouverture d’un siècle de profondes transformations. Réformes politiques, recomposition des élites, affirmation des Églises, fractures religieuses et mutations sociales dessinent les contours d’un Empire qui ne renie jamais sa romanité, mais qui la repense, la réinterprète.
L’autorité impériale, régulièrement partagée entre Orient et Occident, doit composer avec les difficultés du temps et la nécessité d’inventer de nouvelles formes de gouvernement. À travers l’Histoire politique, sociale, militaire et religieuse, les textes, les inscriptions, les monnaies et l’archéologie, ce cycle de cours propose d’explorer ce long IVe siècle souvent réduit, dans les interprétations déclinistes traditionnelles, à une lente agonie, mais que l’historiographie revisite aujourd’hui comme « une révolution mentale » selon Hervé Inglebert, professeur d’histoire romaine à l’Université Paris Nanterre.
Prise pour la première fois depuis huit siècles, Rome, capitale impériale déclassée est mise à sac par les Goths d’Alaric en 410 apr. J.-C. L’événement est un traumatisme pour les contemporains, qui y voient pour certains, après la bataille d’Andrinople en 378 de notre ère, le crépuscule d’un Empire pourtant terriblement résilient. C’est avec cette date que s’achève ce cycle, alors que l’Empire romain d’Occident, par exemple, entend bien survivre plusieurs décennies encore…
Il n’est pas nécessaire d’avoir suivi le cours de l’année dernière pour intégrer le cycle et aucun prérequis n’est attendu, notamment en latin. L’enseignement est ouvert à toutes et tous, curieux d’un monde romain en pleine mutation !
