Si de nos jours le terme de « romantique » traduit un état d’esprit surtout gentiment sentimental, et à la rigueur un peu rêveur, le Romantisme est en revanche un véritable bouleversement culturel qui devait parcourir l’Europe et le Monde.
Si l’on en perçoit les ferments dans les pays anglo-saxons à la fin du XVIIIe siècle, c’est au siècle suivant que le Romantisme devait s’épanouir, s’amplifiant dans le désenchantement ayant suivi la ruine de l’Empire et des espoirs nés de l’épopée napoléonienne.
Pour ensuite fleurir jusqu’à l’exaspération, devenant un mode de pensée, une attitude morale, une mode vestimentaire et décorative, une maladie même !
Ainsi, la jeunesse du début du XIXe siècle, se reflétant dans les personnages de romans et de drames, vibrait de ce « vague à l’âme » qu’on nomma le « le mal du siècle », bientôt sanctionné et consacré dans la grande expression de Chateaubriand : « Le vague des passions ». Un sentiment poussé jusqu’au paroxysme du suicide, et qu’un esprit de l’époque tourna en dérision par l’implacable jeu de mots : « c’est plutôt la passion du vague » !
Il faut comprendre pourtant ce poète qui écrivait : « Je me berçais de mes propres larmes », même s’il est vrai que le Romantisme poussa l’introspection à un point extrême, maladif, au point d’étudier —de cultiver même— les aspects les plus troubles de la personnalité humaine, favorisant ainsi la naissance du fantastique en tant que genre littéraire, dont l’attrait pour l’irréel cultivera frénétiquement les thématiques de la fantasmagorie, de la folie…
