« Ma vie est un roman qui m’intéresse beaucoup »
Hector Berlioz

On en a même fait un film ! Très intéressant au début, racontant ses démêlés avec son père qui voulait en faire un médecin comme lui, et avec sa mère, pure produit du puritanisme du XIXème siècle, affirmant que tous les artistes sont voués aux flammes de l’enfer ! Hélas, le réalisateur, voulant terminer sur une sorte de happy-end, nous montre un Berlioz en gloire, couronné par son génie alors que le pauvre homme mourut dans la misère, autant sociale que matérielle…
Tumultueuse fut la vie de ce grand romantique, volant d’échec en échec, connaissant les faillites, les abandons, les amours douloureuses, les incompréhensions totales.
Il fut apprécié certes à l’étranger mais copieusement rejeté par ses compatriotes : nul n’est prophète en son pays !
Toujours en marge des différents mouvements musicaux de la France de l’époque, Berlioz est un compositeur révolutionnaire, « inventeur » d’une orchestration nouvelle, débridée, explosive, totalement excentrique pour l’époque, faisant souvent fi des règles musicales académiques, il fait vite l’objet de caricatures le montrant dirigeant un orchestre composé de canons et d’instruments monstrueux, sortant les sons les plus discordants et les plus assourdissants.
Il faut bien reconnaitre cependant que Berlioz ne fait rien pour se faire aimer du grand public : devenu critique musical pour s’assurer un revenu fixe, il déchire à belle dents tout ce que le public d’alors adore : les opéras à vocalises belcantistes, les opéras-comiques sucrés et la plupart des compositeurs chéris par ses contemporains. Pourtant, avec le recul on se rend compte combien les jugements de Berlioz étaient justes et pertinents ! Autre réalité prouvant que le musicien est souvent l’artisan de son propre malheur : sa vie sentimentale ! Elle est proche souvent de la folie furieuse dont les rebondissements rendent totalement fades nos séries télé actuelles !!!
Berlioz a toujours eu ses détracteurs en France jusqu’à un passé encore récent : que n’a-t-on entendu les prétendus mélomanes s’indigner quand Pierre Bergé a eu l’idée extraordinaire d’inaugurer l’Opéra Bastille avec Les Troyens, l’un des plus grands fleurons de notre patrimoine musical ! Ces gens-là eussent préféré sans doute les sempiternelles Traviata, Tosca et autre Carmen !…
Certes, comme tout être humain, Berlioz a ses paradoxes, écrivant parfois des choses dans le style qu’il ridiculise si souvent (notamment un air de Benvenuto Cellini ). Enfin, comment comprendre qu’après avoir produit Les Troyens, l’un des plus grands monuments de l’Histoire de la Musique, il commet un opéra-comique d’une niaiserie rare !…
En contrepartie, il nous a laissé des pages dont le sublime atteint les sommets de l’art musical, notamment dans La Damnation de Faust et dans Les Troyens, œuvre qu’il n’a même pas eu le bonheur de voir représenter intégralement sur scène de son vivant.

Nous vivrons cette incroyable épopée au cours de 14 séances, retraçant la vie de ce musicien de génie, totalement à part dans l’Histoire de la Musique et qui a tant fait pour son évolution.